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Comment l’engagement des entreprises en faveur du développement durable est-il évalué ?

Le 01/06/09 par epargnacteur

Cet article a été rédigé par J’épargne Utile dans le cadre de la série « Mieux s’informer pour épargner durable« .

Chaque année, des milliers d’entreprises épousent la cause du développement durable. Elles se lancent dans une démarche RSE, afin de répondre aux évolutions de la société. Pour évaluer leurs bonnes pratiques, des agences de conseil et de notation fleurissent dans le paysage français, avec des indicateurs plus ou moins uniformes.

L’entreprise évolue avec la société

Jusqu’alors habituées à fournir des rapports comptables et financiers, les entreprises sont de plus en plus enclines à mener une réflexion sur leur positionnement RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). L’exercice permet avant tout d’identifier ses axes de progrès et de faire valoir ses bonnes pratiques.

La RSE est la traduction à l’échelle de l’entreprise des principes du développement durable. Que ce soit pour répondre aux attentes des consommateurs, rechercher des avantages concurrentiels ou instaurer un meilleur environnement de travail, elles se lancent dans des démarches, parfois couteuses, d’audit, d’accompagnement, de certification ou normalisation.

Les référentiels d’engagement nationaux et internationaux

Avec une demande soutenue, le marché des agences de conseil, études en développement durable, notation et autres évaluations est logiquement florissant. Multinationales, PME, collectivités, ONG ou même particuliers, il y a une certification adaptée à tous…et pour presque tout.

Pour commencer, une entreprise peut s’inspirer des référentiels d’engagement nationaux ou internationaux. De la simple signature d’un texte à la mise en place de principes au sein de l’entreprise, certains référentiels sont devenus incontournables :

  • Global compact (ONU),
  • Principes directeurs de l’OCDE,
  • Principes pour l’Investissement Responsable (PRI) ou Principes d’Equateur dans le domaine de la finance,
  • WBCSD (World Business Council for Sustainable Development)
  • CSR Europe (Corporate Social Responsibility Europe)
  • L’ORSE (Observatoire sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises)
  • EPE (Entreprises pour l’Environnement)

global-compact ocde PRI

L’Europe et la France se sont également dotées de textes et d’objectifs sur la RSE, auxquels souscrivent les entreprises : loi NRE en France en 2002, stratégie de développement durable, nombreuses directives traduites par pays…

L’utilité de normaliser et certifier ses résultats

Les politiques RSE des entreprises sont plus crédibles si elles sont évaluées et certifiées par des organismes spécialisés. Il n’existe à ce jour aucune grille universelle, mais certaines règles communes permettent une comparaison du moins par secteur.

L’AFNOR (Association Française de Normalisation) est un de ces acteurs incontournable. Elle évalue des biens matériels et immatériels, dans tous les domaines d’activité, sur des indicateurs aussi variés que la qualité, le risque, la responsabilité sociétale, le développement durable.

A un niveau international, l’ISO (Organisation Internationale de Normalisation) a élaboré plus de 17500 Normes internationales sur des sujets très variés.  Outre le partage de bonnes pratiques, le rôle des normes consiste à asseoir une base technique pour la santé, la sécurité et l’environnement et à protéger les consommateurs. Par exemple, l’ISO 9001 contient un ensemble d’exigences pour mettre en œuvre un système de management de la qualité et l’ISO 14001 les exigences pour un système de management environnemental. Une entreprise certifiée ISR 14001 démontre sa volonté de réduire les effets dommageables de ses activités sur l’environnement.

iso-9001 iso-14001

Face aux attentes des consommateurs, de plus en plus informés et exigeants sur la qualité des produits et leurs conditions de fabrication,  les entreprises se plient aux règles communes. Plus prosaïquement, une entreprise qui souhaite montrer bonne figure sollicitera un audit social, le plus souvent par un expert ou une ONG reconnue, afin de prouver les bonnes conditions de travail dans ses usines. Un dialogue peut s’instaurer plus facilement entre la marque « engagée » et des consommateurs avertis.

Les agences de notation extra-financières

Pour la dizaine d’agences de notation en France, pas de référentiel commun non plus. Cependant, elles analysent depuis une décennie les pratiques des entreprises concernant l’Environnement, le Social et la Gouvernance (ESG), pour offrir aux investisseurs les moyens de constituer des fonds ISR, à partir de critères autres que financiers.

Si certaines sociétés de gestion créent leurs propres équipes d’analystes extra-financiers, ce travail fastidieux est le plus souvent confié à des agences de notation, dont Vigéo est le leader Européen. Le Groupe analyse près de 1.500 entreprises européennes, américaines et asiatiques sur 6 domaines:

  • Les ressources humaines
  • Les comportements sur les marchés
  • Les droits humains
  • L’environnement
  • La gouvernance d’entreprise
  • L’engagement sociétal

Les notes attribuées aux entreprises s’échelonnent entre 4 niveaux, allant de l’engagement non tangible (l’entreprise n’a qu’une maitrise des risques liés à son activité faible ou très faible) à l’engagement avancé (l’entreprise intègre et fait la promotion des objectifs de responsabilité sociale).

A ses côtés Innovest, BMJ Ratings, EIRiS et SiRi Company en Europe et aux Etats-Unis.

eiris vigeo

Leurs sources d’informations se composent des publications d’entreprises elles-mêmes (rapport annuel de développement durable, chartes, bilans), mais aussi des observations menées dans les sociétés et filiales, en France et à l’étranger. Leurs audits ressemblent à de vraies enquêtes, mobilisant des équipes dédiées au sein des grandes entreprises (service développement durable).

Les indices

Vigeo est propriétaire de 3 indices de développement durable :

  • l’indice ASPI Eurozone®,
  • l’Ethibel Pioneer Index®,
  • l’Ethibel Excellence Index®.

Pour une entreprise cotée, entrer dans ces indices est une forme de reconnaissance par le milieu financier et ouvre des opportunités auprès des investisseurs institutionnels.

Les labels

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Les entreprises optent aussi pour la labellisation de leurs produits (commerce équitable, labels écologiques..) rendant ainsi leur action concrète auprès du grand public.
Vous n’irez surement pas lire le rapport développement durable de l’entreprise qui fabrique vos gâteaux ou vêtements préférés avant de dégainer votre portemonnaie. En diffusant elle-même une information accessible, transparente et de qualité, l’entreprise s’assure en amont de maitriser son image auprès des consommateurs. Dès lors, il n’est pas rare de voir la publicité, l’affichage, les sites internet se gonfler de termes tels que « durable, éthique, respect de l’environnement, économe en CO2 »…quitte parfois à croiser le fer avec des associations de consommateurs dénonçant un marketing social excessif (green washing).

Cet article a été rédigé par J'Epargne Utile

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