Réflexions sur l’avenir de la planète, post Copenhague

Le 27/12/09 par Jumbo

Salut Cyrille

J’ai eu envie de partager avec toi, avec vous, mes réflexions et mes lectures après l’intense mais décevant sommet de Copenhague. Plusieurs points clés me sont restés des très nombreuses informations qui ont fusé touz azimuts (soudain tout le monde est écolo, c’est à la mode :).

Premier point que je retiens de ce que j’ai lu ou entendu : l’impact humain sur l’environnement se voit de plus en plus et est de plus en plus alarmant. Nous faisons disparaître les espèces à un rythme inédit et l’homme est une plaie pour la biodiversité. Non seulement, les espèces meurent à cause de l’homme mais en plus l’homme empêche les espèces et l’environnement de s’adapter ou de migrer (urbanisme, autoroute, agriculture, …). . Le changement climatique se déroule à une vitesse que même les périodes de bouleversement préhistoriques sont loin d’avoir connu. Ce changement se manifeste également par l’acidification des océans, la fonte accélérée des calottes glaciaires ou la disparition des deltas.

Des “paliers critiques” pour le basculement du climat

Un groupe de 29 scientifiques a défini un ensemble de 10 paliers critiques pour l’évolution de la planète. Johan Rockström de l’Université de Stockholm a publié ces « paliers planétaires » dans la revue Nature en septembre 2009. Ces paliers concernent le changement climatique, l’acidification des océans, les différentes pollutions, notamment chimique, la conversion des sols en terres cultivables, Ces paliers correspondent à des limites naturelles, ou maximum, en ce qui concerne les méga-impacts de l’Homme sur la nature au-delà duquel se produit un basculement profond, voire irréversible.

« Nous jouons désormais avec des processus fondamentaux de l’équilibre planétaire, déclare Rockström. Quels sont ces processus fondamentaux qui permettent à la Terre de rester dans un état d’équilibre ? » Les chercheurs considèrent comme période de stabilité planétaire, l’holocène, période qui dure depuis 10 000 ans depuis le dernier âge glaciaire, depuis lequel la civilisation humaine s’est épanouie. Ils tentent d’identifier quelles sont les variables clés qui peuvent pousser le climat à basculer au-delà des « paliers critiques ».

Par exemple, la variable clé en ce qui concerne le changement climatique est clairement la teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone ainsi que l’augmentation corollaire de la température capturée dans l’atmosphère. De nos jours, la teneur en C02 de l’atmosphère terrestre est de 387 ppm, bien au dessus du niveau pré-industriel de 280 ppm. Le palier critique estimé par les scientifiques, dont le climatologue James Hansen de la Nasa, est de 350 ppm, ce qui correspond à une augmentation de la température de 1 watt par m2 (aujourd’hui cette augmentation est déjà de 1,5 w /m2 !).

Bien que le calcul de ces paliers critiques peut être largement incertain, les consensus sont nets dans la communauté scientifique : par exemple, on n’est pas sûr de savoir à quel niveau exact de C02 on pourrait stopper le réchauffement climatique mais on pense que cela commence autour de 350ppm.

L’humanité à déjà franchi 2 des 9 paliers critiques de l’évolution environnementale : les pertes liées à la biodiversité et la concentration en nitrogène, du fait de l’utilisation trop massive d’engrais chimiques. Il faut savoir que ces modifications ont des conséquences les unes sur les autres : franchir un palier fragilise les autres. Par exemple, les pertes de biodiversité sont encore plus massives quand la planète se réchauffe.

Certains scientifiques soutiennent la démarche mais critiquent le fait de donner une valeur précise aux paliers. Par exemple, les limites de l’utilisation de fertilisants aux phosphates sont trop floues, leur effet pouvant se faire sentir de manière diffuse, lente et indétectée pendant une durée indéfinie.

L’eau face à l’explosion démographique

Autoriser une utilisation de l’eau, essentiellement pour l’agriculture, d’une quantité de 2 600 kilomètre cube aujourd’hui à 4 000 km3 dans le futur, entrainera des dégradations comparables à l’assèchement de la mer d’Aral ou de 7 fleuves majeurs. Le Colorado aux Etats-Unis n’atteint déjà plus la mer, souligne Davide Moden du l’International Water Management Institute.

La production alimentaire est la cause d’environ 1/3 de toutes les émissions de gaz à effet de serre, notamment du fait d l’utilisation des carburants fossiles nécessaires à la culture, la préparation et au transport des aliments. Autre cause d’émission de GES, la déforestation ou la conversion des sols en cultures, le méthane des rizières et des élevages d’animaux, ou l’oxyde nitrate issus des engrais chimiques.

Du fait de la déforestation, la production alimentaire est également responsable d’une grande partie des pertes en biodiversité ; l’utilisation massive des engrais chimiques diffusent de grandes quantités de phosphates et de nitrates qui détruisent les estuaires et perturbent le délicat équilibre chimique des océans.

70% de l’eau utilisée dans le monde sert à l’agriculture : cela explique la dégradation des eaux souterraines et des sources d’eau naturelle dans le monde, de la Californie aux plaines du Gange, de l’Asie centrale à la Chine du Nord.

La révolution verte n’a pas su éviter les conséquences néfastes de l’explosion démographique. La population mondiale devrait atteindre 7 milliards en 2012 et devrait atteindre 9 milliards en 2046. Parallèlement, la consommation de viande par habitant continue à augmenter. Or, la viande de bœuf constitue l’une des menaces les plus grandes pour l’environnement car il faut 16 kilos de céréales, émettre de grande quantité de méthane, utiliser de grandes quantités d’engrais, pour produire 1 kilo de viande.

Après l’échec des dirigeants et du mode de décision au niveau mondial, tout cela nous ramène à notre niveau individuel. Un steack de moins par personne, un peu moins d’eau gaspillée, … ça ne fera pas de mal.

Elevage pollution

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4 réponses pour “Réflexions sur l’avenir de la planète, post Copenhague”

  1. LGV dit :

    Il ne nous reste plus qu’à espérer que les derniers septiques changent d’avis et que les politiques changent de motivations, et peut-être qu’à Mexico en 210 nous reprendrons le retard de Copenhague…

  2. cyrille dit :

    Un engagement politique fort des chefs d’états aurait été un plus pour résoudre les nombreux défis environnementaux dont vous parlez.

    En attendant que ce soit le cas, on peut quand même se réjouir des nombreuses initiatives citoyennes qui se mettent en place et qui proviennent d’un panel d’acteurs très étendus (entreprises, particuliers, politiques, associations…).

    Au niveau individuel, il est possible d’agir, notamment en mangeant effectivement moins de viande. Le programme national nutrition santé conseille de consommer de la viande, du poisson ou des oeufs 1 à 2 fois par jour (100g de viande ou 2 œufs) et du poisson 2 fois par semaine.

    Actuellement, on jette l’opprobre sur les produits carnés, mais il ne faut pas oublier :

    - que les animaux et notamment les ruminants quand ils sont élevés dans de bonnes conditions (pâturage extensif) jouent un rôle essentiel pour le maintien de la biodiversité.

    -que certains agriculteurs font beaucoup d’effort pour participer au maintien de la biodiversité et aussi pour réduire leur impact sur le changement climatique, en utilisant par exemple des engrais produits sur leur exploitation (lisier) au lieu d’acheter de l’engrais chimique, en donnant à manger à leurs bêtes du colza issu de l’agriculture locale plutôt que du soja importé, en optimisant le fonctionnement de leurs tracteurs, en installant des équipements économes (séchage solaire du foin en grange…) ou en développant des énergies renouvelables (installation de méthanisation…)…

  3. didier dit :

    Il y a malheureusement peu a attendre de politiciens financés par des groupes pétroliers ou industriels…à vos urnes!
    terriens : 7 milliards c’est deja bien suffisant, il n’y a que la chine qui a stoppé l’augmentation du nombre de ses citoyens (pour une fois qu’il y a quelque chose de positif la bas). Des pays du sud comme l’inde sont en forte augmentation, sont concernes par le changement climatique, mais ont l’intention de polluer (consommer) plus. L’aide des (pays) riches vers les pauvres pour des énergies vertes est super importante, mais elle ne fera pas tout.
    Nutrition : nos centenaires ont été au régime sec dans les années 40-50 et se portent pas mal (avec 100g de viande par personne et par semaine).

  4. cyrille dit :

    Bonjour Didier,

    vous avez raison, le bon vote est important ;-) ; raison aussi de dire que nos centenaires ont été au régime sec durant plusieurs années et les experts disent tous que nous mangeons trop de viande à l’heure actuelle.

    Si vous souhaitez moins manger de viande, je vous invite à consulter le sujet sur le forum qui porte sur le régime alimentaire des Indiens.

    Dans le cadre de celui-ci, Berlinale donne des conseils et une recette de plat végétarien équilibré.

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