Bonjour à tous,
je m'appelle Claude et j'habite dans le Sud Charente. Je m'occupe d'un chantier d'insertion dont une des spécialités est la gestion d'espaces naturels. Nous avons été contactés par une société ( Valeco, "http://www.groupevaleco.com" ) qui projette d'installer une centrale photovoltaique au sol sur des terres agricoles.
J'ai hésité avant d'accepter d'entrer dans ce projet et je vais ici tenter d'expliquer pourquoi j'ai finalement décidé d'y aller.
Tout d'abord, je connais les terres agricoles en question: très calcaires, sols secs et pauvres, sols sableux à galets,sables plus ou moins graveleux sur argiles...Concrètement, les terrains étaient occupés par des jachères ( subventionnées) ou par des céréales à faible rendement. Ce sont d'ailleurs les agriculteurs qui exploitaient ces terrains qui ont contacté Valeco.
Dans un deuxième temps, j'ai étudié soigneusement le projet de Valeco: la puissance envoyée sur le réseau par la centrale équivaut à l'alimentation de plus de 5500 foyers, soit 17000 habitants) Dans le Pays Sud Charente, nous sommes 34 000 habitants. Cela veut dire que l'alimentation correspond à la moitié des besoins du Pays concerné par le projet.
Le projet s'étend sur une trentaine d'hectares. Par comparaison, le producteur bio de l'Amap dont je suis membre fournit, sur une dizaine d'hectares, une petite centaine de paniers. Autre chiffre: 1400 exploitations agricoles en Pays Sud Charente. On peut ainsi mettre les choses en perspective.
Maintenant, le projet que je défends est le suivant:
à l'heure actuelle, ces terrains sont peu intéressants sur un plan agricole. Or, la surface disponible entre les panneaux est de 20 hectares, sur des rangées de 4 mètres de large et plusieurs centaines de mètres de long. Des expériences similaires de culture ont été conduites en Allemagne, avec des cultures de radis, laitues...tous légumes acceptant des expositions à mi-ombre.
L'idée est de réhabiliter ces terrains dans un premier temps. Nous travaillons depuis plusieurs années avec du BRF (bois raméal fragmenté) et du compost. Ces deux "déchets" verts, que nous obtenons dans nos opérations de gestion d'espaces naturels, peuvent parfaitement valoriser les terrains dans lesquels va se situer la centrale. La durée de location est de vingt ans, et ceci constitue un autre point favorable: on peut inscrire un tel projet dans la durée.
L'idée générale est donc celle-ci. Il y a bien sûr des "annexes" (initiation à l'environnement, parcelles de fleurs prairiales , ruches et nichoirs à abeilles solitaires...Qu'en pensez-vous?