Pollution : que respire-t-on chez soi ?

Le 30/10/13 par Manublandine

Au cours des débats concernant le climat, la pollution de l’air intérieur est souvent mise au ban. Une invisibilité dramatique alors que les particules fines présentes dans nos intérieurs peuvent être responsables d’allergies lourdes, voir de maladies mortelles dans les pays où les taux de concentration sont les plus élevés.

L’air, cet ennemi invisible donc oublié

maison verteIl est généralement beaucoup question de la pollution des sols ou encore des eaux et des mesures à engager pour limiter le phénomène. Il est aussi question de la pollution atmosphérique, même si la législation liée à la pollution atmosphérique de l’Union européenne n’est pour sa part pas toujours appliquée et qu’elle devrait faire l’objet de davantage de contrôle.

En Chine, il a fallu que les grandes villes atteignent des seuils de pollution atmosphérique à la limite du supportable et soient victimes d’une succession de catastrophes environnementales pour que le Gouvernement en fasse une question politique majeure en juin 2013.

L’air intérieur, aussi dangereux que l’air extérieur

Par pollution de l’air, il est autant question de l’air à l’extérieur qu’à l’intérieur des locaux. Or l’on ne soupçonne pas que les tentacules de la pollution viennent s’immiscer jusque dans notre chez-soi. En Inde, la pollution intérieure tue plus que la pollution de l’air extérieur, pourtant devenue la cinquième cause de mortalité en Inde.

Sur le site de l’Organisation mondiale de la Santé, les chiffres sont éclairants. Environ 3 milliards de personnes font la cuisine et chauffent leur logement avec des foyers ouverts ou des fourneaux qui fuient et dans lesquels ils brûlent de la biomasse.

Les petites particules de suie, dans une habitation mal ventilée, pénètrent plus facilement les poumons et peuvent aboutir à des pneumonies, des broncho-pneumopathies ou encore des cancers du poumon.   Près de 2 millions de personnes meurent prématurément de maladies dues à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations provenant des combustibles ménagers solides.

Faire face aux problèmes à l’est comme à l’ouest

Même si les maladies développées sont moins graves quand dans les pays où le taux de concentration de particules fines est beaucoup plus élevé, les pays occidentaux ont tout intérêt à se sentir également concernés et à engager des politiques fortes en la matière.

Nous passons en moyenne 14 h par jour dans un espace clos et devrions accorder à ce titre une importance toute particulière à la qualité de l’air intérieur. Notamment afin de prévenir des maladies allergiques parfois handicapantes (asthme, rhinites), la mise en place des systèmes de ventilation propice au renouvellement devrait être vivement encouragée.

En France, le problème commence à être sérieusement formulé parce que des experts s’efforcent de sensibiliser la population sur ces questions. Activiste de l’air, Thomas Kerting a lancé un site internet (Aircology) dédié à l’amélioration de la qualité de l’air, en mixant des approches pédagogiques (formation, cursus universitaire, etc.), mais aussi technologiques pour faire bouger les lignes et sensibiliser l’opinion comme les décideurs politiques et économiques à ce sujet qui sera certainement mis sur la table en 2015, a Paris, lors de la COP21.

La France doit profiter de son poids dans les négociations internationales sur le climat pour porter le sujet au-delà de ses frontières et inciter à une meilleure prise en charge par les gouvernements. Paris accueillera la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21) en 2015 et gageons qu’elle aménage un espace de réflexion pour la pollution de l’air intérieur.

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Pour aller plus loin sur la pollution de l’air intérieur (et extérieur) :

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