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Quel est le régime alimentaire des Indiens (d'Inde) ? Mangent-ils de la viande ?

(14 messages)
  1. cyrill.e

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    J'ai regardé l'émission Ushuaïa du 2 janvier 2010 sur TF1 intitulée à la recherche des hommes natures.

    En fait, outre la beauté des paysages du Mustang au Népal, de Jodhpur au Rajahstan, du parc national Népalais de Chitwan, j'ai été vraiment marqué par le sujet de l'émission et plus particulièrement par le respect et la vénération qu'avaient les Indiens envers le monde animal (Singe, rat, vaches...).

    Du coup, je m'interrogeais sur le régime alimentaire des Indiens ?

    Est ce que les Indiens mangent de la viande ou se nourrissent-ils uniquement de végétaux ?

    Quel est leur régime de base ?

    Auriez-vous des éléments de réponse à ces questions ?

    Sur le chemin d'un mode de vie plus écologique
    Posté il y a 2 années #
  2. berlinale21

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    Bonjour,

    Je viens de passer un mois en Inde, notamment au Rajahstan. Etant végétarienne depuis des années, j'ai été plus que ravie dans ce pays. Plus de la moitié des restaurants sont végétariens, alors qu'en France c'est compliqué de trouver ne serait-ce qu'un plat  sans viande ni poisson! Les Indiens ne sont pas tous strictement végétariens, mais ne sont pas de gros consommateurs de viande et respectent toute forme de vie. C'est surtout leur religion qui leur dicte leur régime alimentaire; la plupart étant hindoue, ils ne mangent pas de boeuf (la vache est un animal sacré). Ils mangent par contre du poulet et du mouton, parfois du porc (sauf les musulmans).

    La cuisine indienne est très équilibrée, avec à chaque repas des légumes (choux, aubergines, tomates..), des céréales (riz et/ou chapati, des petits pains non levés), des protéines (un peu de yaourt et des protéines végétales comme les lentilles, les pois chiches etc.), et des lipides (ils utilisent le ghee, du beurre clarifié, ou sinon de l'huile). Les épices (cumin, coriandre, cardamome..) parfument tous les plats mais ce n'est pas forcément très relevé (pimenté).

    Les plats sont tous servis en même temps. Les indiens se servent souvent d'un morceau de chapati comme de couvert qu'ils trempent dans les différents plats, qui ont tous plus ou moins l'air de sauce épaisse.

    Les fruits sont généralement consommés en dehors des repas, souvent en jus frais (ananas, mangue, orange, papaye, grenade, coco...).

    C'est une cuisine délicieuse, très élaborée et variée, et excellente pour la santé. Je la recommande à tout le monde. Il est simple de cuisiner les plats de base mais il faut se fournir en épices et autres ingredients (gingembre, oignons, ail, graines de moutarde...) présents dans la plupart des plats. Une fois que l'on dispose dans son placard de ces ingredients, ça semble beaucoup moins compliqué.

    Un plat végétarien de base est le dal -soupe/purée de lentilles. Il suffit de faire revenir ail, oignons, carottes, gingembre dans de l'huile ou du ghee,  puis rajouter toutes sortes d'épices (un "curry" à fabriquer soit-même avec du curcuma, de la coriandre...) puis les lentilles avec de l'eau, et laisser mijoter une bonne demi-heure (avec des lentilles corail, sinon ça peut être beaucoup plus long). On peut rajouter dans ce dal des tomates, des pommes de terre... on peut varier à l'infini!

    L'idée à retenir est que lorsqu'on ne mange pas de viande, il faut combiner plusieures sources de protéines végétales, comme les légumineuses (soja, lentilles, pois, haricots secs..), les céréales (riz, blé, seigle..) ou encore les fruits secs (noix, noisettes, amandes, pistaches). Les Indiens ont naturellement associé riz et lentilles pour ne pas avoir de carences.

    Posté il y a 2 années #
  3. cyrill.e

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    Bonjour Berlinale21 ;-)

    merci beaucoup d'avoir pris le temps d'apporter une réponse très complète.

    Vos phrases font voyager et on à l'impression en les lisant de prendre un repas au Rajahstan.

    Pourriez-vous me préciser ce qu'est le ghee ?

    Est-ce que l'on en trouve en France ?

    Pourriez-vous aussi me précisez pourquoi il faut combiner plusieurs sources de protéïnes (légumineuses, céréales...) ?

    Posté il y a 2 années #
  4. berlinale21

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    Bonjour Cyrille,

    Le ghee est du beurre clarifié, c'est à dire du beurre auquel on a retiré la partie lactée en le chauffant. Il ne reste que les corps gras. On peut en trouver du tout prêt dans les épiceries asiatiques, ou le faire soit-même. Il possède plusieurs avantages sur le beurre: pas besoin de le conserver au frigo, meilleur goût, et il supporte les hautes températures (ne noircit pas dans la poêle).

    Pour ne pas avoir de carences en protéines lorsqu'on est végétarien, il faut savoir tout d'abord que les protéines sont composées d'acides aminés (au nombre de 20) et que l'homme n'est pas capable de tous les synthétiser. Il doit donc les rechercher dans la nourriture. Les protéines animales contiennent tous les acidés aminés nécessaires, alors que les protéines contenues dans les végétaux ne possèdent pas tous les mêmes acides aminés: certaines acides aminés sont contenus dans les céréales, d'autres dans les légumineuses. C'est pourquoi un plat végétarien, pour être équilibré en protéines, doit être composé de cette association (ex: riz/lentilles, couscous/pois chiches, maïs/haricots rouges....). Ainsi, pas de carences en acides aminés!

    Posté il y a 2 années #
  5. cyrill.e

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    Merci beaucoup encore pour votre réponse particulièrement claire.
    :-)

    Posté il y a 2 années #
  6. cyrill.e

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    J'ai été éduqué avec le précepte que l'homme est omnivore et qu'il faut mieux intégrer la viande à notre régime alimentaire.

    Qu'en pensez-vous ?

    Est-ce que les protéines apportées par les végétaux sont les mêmes que celles apportées par la viande ?

    Pour l'instant, je placerai plus cette recette comme une alternative à un repas de viande que je prends habituellement mais je ne passerai pas à un régime totalement végétarien.

    Je me questionne encore sur l'impact sur la santé d'un régime totalement végétarien ou végétalien.

    Quel est votre avis ?

    Posté il y a 2 années #
  7. berlinale21

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    Il y a des centaines de millions de végétariens dans le monde en très bonne santé :-)

    Dans nos sociétés occidentales, manger de la viande était autrefois un luxe; après la seconde guerre mondiale, l'élevage est devenu intensif pour permettre une production accrue de viande, mais avec tous les problèmes sanitaires et éthiques que cela a induit (poulets en batterie, vache folle etc.).

    En France, le végétarisme est encore marginal mais en Angleterre, Allemagne, aux Pays-Bas et dans tous les pays nordiques, la plupart des restaurants offrent un large choix de plats végétariens et équilibrés; d'ailleurs, de nombreuses personnes deviennent végétariennes pour des questions de santé (il n'y pas de cholestérol ni de graisses saturées dans les végétaux donc moins de risques de maladies cardio-vasculaires). Trop de viande est en effet nocif pour la santé!

    Si vous ne pouvez pas vous passer de viande, vous pouvez tout simplement réduire votre consommation, à une fois par semaine par exemple. Vous pouvez privilégier le poisson à la viande, alterner avec des légumineuses, du soja, parfois des oeufs, découvrir plus de légumes, des salades etc. Manger végétarien n'est pas ennuyeux au contraire, car les légumes ne sont pas juste l'accompagnement de la viande mais le centre du repas donc plus nombreux, plus variés, plus assaisonnés avec des herbes, des épices... il existe de nombreux sites proposant des recettes végétariennes. Tout est une question d'habitude.

    Les végétaliens n'intègrent ni oeufs ni produits laitiers dans leur alimentation. Encore une fois c'est tout à fait possible de rester en bonne santé mais dans ce cas il faut vraiment connaitre la composition nutritive des aliments pour ne pas avoir de carences. C'est juste un peu plus compliqué.

    Dans mon cas je n'ai jamais aimé la viande; la vue et le goût du sang ont toujours provoqué du dégout, et l'abattage des animaux une sensation d'horreur. Ce n'est donc pas difficile pour moi de me passer de viande! Et je suis en pleine forme :-)

    Cordialement

     

     

    Posté il y a 2 années #
  8. cyrill.e

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    Modérateur

    Bonjour,

    merci beaucoup pour votre réponse.

    Je vais déjà essayer de réduire ma consommation de viande en commençant par la recette du dal.

    Si j'ai bien compris, je fais revenir des oignons, des carrotes, de l'ail, du gingembre dans un peu d'huile d'olive ( je n'ai pas de ghee), j'ajoute un peu d'épices (je pense avoir du curcuma et du cumain...), des lentilles et je laisse cuire.

    Est-ce qu'il y a des épices à privilégier ?

    Est-ce que l'on doit mettre les pommes de terre à coté, en accompagnement, ou est-ce qu'on mélange tout dans le faitout ?

    Posté il y a 2 années #
  9. Vert Citrouille

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    Le ghee est un beurre clariffié du coup on peut l'utiliser à très haute température pour des fritures par exemple. Ce n'est pas compliqué à faire, juste un peu long et après ma cusine est toujours un peu grasse. Je vous mets le lien vers mon blog : http://www.vert-citrouille.com et j'essaye rapidement de vous y poster la recette.

    Posté il y a 1 année #
  10. Vert Citrouille

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    Voilà aussitôt dit aussitôt fait. il n'y avait pas trop à écrire car c'est long mais simple, pas beaucoup d'étapes. Alors bonne cuisine pour ceux qui veulent se lancer! Il suffit de cliquer sur le lien :

    "http://www.vert-citrouille.com/cuisiner-en-famille-enfants-recettes/faire-son-ghee-beurre-clarifie/"

    Posté il y a 1 année #
  11. cerise

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    Merci pour ta recette Vert Citrouille ! je préciserais juste pour le ghee qu'il faut vraiment faire fondre le beurre à feu très très doux, ou au bain-marie, et la couleur obtenue doit vraiment être jaune d'or sinon c'est que c'est raté. ça a l'air plus simple à décrire qu'à faire, je n'ai pas été satisfaite les 1eres fois... 2 heures ça me paraît bien long, je mets environ 3/4 d'heure il me semble, enfin, je présume qu'il doit y avoir autant de ghee que de cuisiniers qui se le fabriquent ;-)

    Posté il y a 1 année #
  12. Vert Citrouille

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    Ca fait longtemps que je n'en ai pas fait, plus d'1 an, la dernière fois je l'ai acheté dans une épiderie. Dans mon souvenir il me semble aussi que 2 h est long, mais vu que je n'étais plus très sure, j'ai préféré reprendre ce qui était écrit dans ma recette de base.

    Pour que le ghee, soit d'un beau jaune translucide, je le filtre deux fois.

    Si tu le permais je mettrai le commentaire que tu as laissé ci-dessus sur mon blog, car je le trouve intéressant.

    Vu que je voulais faire un dhal dans quelques jours, je vais me relancer dans la fabrication du ghee, je verrais combien de temps cela prend... Et bien ma cuisine va être dans un drôle d'état...

    Posté il y a 1 année #
  13. cerise

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    pour le commentaire, pas la peine c'est fait ;-)

    je note pour le double filtrage, merci !

    Posté il y a 1 année #
  14. mlm86

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    Pour répondre à cette "vieille" question :

    Intéressant !

    <div style="margin: 0pt 20px 0pt 10px;" class="head margin_top_3" id="div3">Indiens et bengalis sont-ils « insensibles » à l'obésité ?
    <div class="discontinue">
    <p class="for_para">Les relations entre l'indice de masse corporelle (IMC, défini par le rapport entre le poids en kilogrammes sur la taille en mètres au carré) et la morbi-mortalité ont été explorées dans d'innombrables études épidémiologiques. Globalement ces travaux ont conclu qu'IMC et mortalité étaient liés par une courbe en J ou en U. Ce qui signifie en d'autres termes que les IMC élevés (supérieurs à 25 pour le surpoids et à 30 pour l'obésité), comme les IMC bas (inférieurs à 20) s'accompagnent d'une surmortalité par rapport aux sujets ayant un IMC entre 20 et 25.
    <p class="for_para">On pouvait donc penser qu'une nouvelle étude sur ce thème apporterait bien peu d'éléments supplémentaires. Et pourtant il n'en est rien puisque le travail de Wei Zheng et coll. publié dans le New England Journal of Medicinepourrait remettre partiellement en cause nombre de nos certitudes.
    <p class="for_para">Pour déterminer si les constatations faites dans ce domaine, essentiellement fondées sur des études conduites sur des sujets d'origine européenne, étaient valables pour des populations asiatiques et si, en particulier, les définitions du surpoids et de l'obésité devaient rester identiques pour l'Asie, une équipe internationale a repris des données publiées provenant de 19 cohortes asiatiques. L'analyse a ainsi porté sur plus de 1 100 000 personnes suivies pendant une durée moyenne de 9,2 ans et pour lesquelles on connaissait l'IMC à l'inclusion et la mortalité.
    <h4 class="pad_title">Européens, Chinois et Japonais égaux devant l'obésité</h4>
    <p class="for_para">Pour les populations originaires d'Asie de l'Est (principalement Chinois, Japonais et Coréens) les résultats ont été sans surprise et sont relativement proches de ceux que l'on observe chez les sujets d'origine européenne avec une courbe en U :
    - le risque de décès est le plus faible pour des IMC compris entre 22,6 et 27,5 ;
    - il est multiplié par 1,5 environ au-delà d'un IMC de 35 ;
    - il est multiplié par 2,8 environ en dessous d'un IMC de 15.
    <p class="for_para">Cette surmortalité pour les obésités et les maigreurs excessives apparaît liée à un accroissement des décès par cancer, par maladies cardiovasculaires et surtout par les autres causes habituelles de mort, notamment les maladies respiratoires. Elle a concerné les hommes comme les femmes, les fumeurs (ou les anciens fumeurs) comme les non fumeurs. Comme pour les sujets d'origine européenne, la majoration du risque de décès observée pour les IMC bas (supérieure à ce qui est constatée chez les occidentaux) semble bien être un phénomène réel et ne pouvoir être expliquée par des facteurs de confusion ou par une causalité inverse.
    <h4 class="pad_title">La surprise indienne</h4>
    <p class="for_para">En revanche pour les populations indiennes et bengalis, la relation IMC mortalité apparaît bien différente. Si comme pour les asiatiques de l'Est on constate une surmortalité chez les sujets ayant un IMC inférieur à 20, contre toute attente, il n'y a pas d'excès de décès en cas de surpoids et même en cas d'obésité avérée. Cette absence apparente d'influence de l'excès pondéral sur la mortalité s'observe pour les décès par cancer, par maladies cardiovasculaires et par les autres causes habituelles de mort notamment les maladies respiratoires.
    <p class="for_para">Comment pourrait-on expliquer ce phénomène surprenant. Si l'on exclut des erreurs méthodologiques spécifiques aux études ayant porté sur les indiens et les bengalis qui paraissent peu vraisemblables on ne peut qu'évoquer des hypothèses :
    <p class="for_para">- Le surpoids serait associé à un statut socio-économique élevé en Inde et au Bengladesh et donc à un meilleur accès aux soins. Mais ce phénomène a été écarté, au moins partiellement, grâce à un ajustement par les indicateurs socio-économiques.
    - Les relations entre IMC et adiposité abdominale (qui serait un meilleur indicateur de risque) seraient différentes dans ces populations pour des raisons ethniques.
    - Des facteurs ethniques ou alimentaires protecteurs à déterminer, contrebalanceraient la majoration du risque liée au surpoids et à l'obésité.
    <p class="for_para">Une piste pour faire la part entre ces différentes hypothèses consisterait à conduire une étude épidémiologique sur une population d'origine indienne vivant dans un pays occidental (la Grande Bretagne par exemple), en distinguant parmi eux les immigrants qui ont adopté le régime alimentaire européen et ceux qui restent fidèles aux habitudes culinaires indiennes.
    <p class="for_para">La solution de cette énigme est loin d'être anecdotique. Elle permettrait tout d'abord d'adapter les conseils sanitaires pour une population dépassant largement le milliard d'habitants. Elle nous aiderait peut-être aussi à mieux comprendre les mécanismes par lesquels, dans une population donnée, certains obèses ont une longévité réduite tandis que pour d'autres celle-ci ne semble pas influencée par l'excès pondéral.
    <p class="for_source">Zheng W et coll.: Association between body-mass index and risk of death in more than 1 million asians. N Engl J Med 2011; 364: 719-29.

    Posté il y a 11 mois #

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