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Billet malgache, (court) récit de voyage

Le 08/11/11 par Vincent.F

Suite à un voyage de deux semaines à Madagascar, c’est l’occasion de partager mon ressenti sur certains aspects de la culture et des modes de vie malgache, notamment le rapport au développement durable et à la consommation.

Loin de moi l’idée de juger ces aspects avec condescendance, mais simplement l’envie de partager mon expérience et vous faire ainsi un peu voyager sur l’île rouge, étonnante de contrastes…

Madagascar est un pays très pauvre, à l’histoire politique chargée. Je ne ferait pas le récit de l’histoire du pays ou de sa politique ici, mais livrerai simplement le témoignage de quelques contrastes marquants. Il faut cependant avoir en tête que la corruption gangrène le pays, et que 5% de la population possède quasiment 90% des richesses, pendant que la plupart des autres crèvent de faim. Cela pour dire qu’il y a bien entendu des priorités autrement plus vitales que le ramassage des ordures ou l’installation de pots catalytiques sur les voitures…

Modes de transport et pollution :

La plupart des malgaches se déplacent à pieds, dans la brousse, couvrant parfois de très longues distances d’un point à un autre. Charrettes à Zébus, pousse-pousse dans certaines villes (Majunga, Antsirabe – la « capitale » du pousse-pousse : 6400 véhicules pour une ville de 200 000 âmes), et dans la capitale, de nombreuses voitures, et une circulation dense, avec son lot d’embouteillages aux heures de pointe. Les Taxis, des Renault 4l, 2CV et autres Peugeot 504 pullulent. Des autos datant des années 70, entretenues avec soin par leurs propriétaires qui les chérissent et les emmènent bien au delà de ce que l’on pourrait imaginer chez nous en France ! La récupération et le système D sont là bas élevés au rang d’art ! Les malgaches redoublent d’inventivité pour réparer… n’importe quel appareil défectueux !





les taxis : 4L, 2CV, Peugeot 504, 505...




Les voitures des particuliers sont généralement de vielles autos qui dépassent elles aussi largement leurs limites… Rares sont les malgaches qui possèdent un véhicule néanmoins. La classe aisée, comme chez nous, accède à des signes extérieurs de richesses plutôt universels : gros SUV ou berlines de luxe, Mercedes, BMW… très rares cependant.

Le transport en commun par excellence est le taxi-B, ou taxi brousse, de-plus ou moins- vieux vans ou minibus, généralement d’une quinzaine de places, mais qui partent bien souvent avec une vingtaine de passagers. On croise parfois la route d’un ancêtre de marque indienne Tata, les plus gros Taxis B de l’île.


Chargement du taxi B


Les camions, tels que ceux que l’on voit dans les anciens films des années 60, de gros Mercedes Benz, arpentent les rares routes nationales goudronnées et vallonnées, laissant derrière leur pénible ascension d’épais nuages de fumée noire…

Il y a également quelques vols internes sur l’île, pour des destinations desservies par la compagnie locale Air Madagascar.

Le réseau routier est très peu développé, aussi le contraste le plus marquant qu’il me fut donné de constater, c’était le décalage entre le mode de vie en brousse et en ville : toute distance se parcoure à pied dans la brousse, ou en taxi B pour une partie du chemin si le voyageur en a les moyens, et aussi, si le lieu à atteindre est desservi par une route quelconque. Je me souviens avoir entendu des passagers du van héler le chauffeur, et les avoir vu de mes yeux éberlués descendre du véhicule au milieu de nulle part, pas une cabane, encore moins de village à l’horizon… Où se rendaient ils ? Combien de temps allaient ils marcher ainsi ? Alors qu’en ville, la voiture est reine, la capitale notamment étant très étendue, et érigée sur 7 ou 8 collines, les moteurs sont mis à l’épreuve constamment !



Un village au coeur de la brousse



La suite page 2 !


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  1. Alain dit :

    Passionnant, merci vincent !

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