Construire un mur végétal intérieur ou extérieur

Le 16/08/12 par Vincent.F

Depuis quelques années, le jardin s’invite à l’intérieur de nos habitats. Enfin, nous l’invitons et l’adaptons à la verticalité.

Ainsi, les murs végétaux sont aujourd’hui assez largement répandus ou désirés pour que l’offre s’élargisse à tous les budgets. En 2010 il fallait encore soit disposer d’un budget aisé soit posséder des connaissances techniques crédibles en botanique et horticulture. Le mètre carré de mur végétal se payait alors au prix fort lors d’une commande auprès d’un professionnel : dans les 800 euros !

Le principe d’avoir un mur végétal chez soi, en intérieur ou en extérieur d’ailleurs, s’est démocratisé grâce aux différentes méthodes d’installations, pouvant être accessibles à tous les budgets et motivations. Sans compter la créativité de chacun qui s’exprime alors et alimente le champ des possibilités de constructions !

Outre cet aspect esthétique, un mur végétal permet de réguler l’humidité de la pièce, et d’améliorer l’isolation acoustique et thermique. Pour ce qui est de dépolluer en partie votre habitat, un rappel s’impose : pour assurer la fonction dépolluante, il vous faudra un mur complètement recouvert de végétaux, si possible sélectionnés parmi les plantes dépolluantes d’intérieur. Trois au quatre plantes dépolluantes disposées dans un habitat ne suffiront pas à le dépolluer… considérez plutôt que des dizaines voire centaines de plantes, en fonction de la superficie à traiter, pourraient faire office de dépolluant efficace.

Mur végétal d’intérieur ou d’extérieur ?

Un mur végétal d’intérieur, oui mais :

Installer un mur végétal propre, esthétique, relativement autonome ou nécéssitant un entretien minimum demeure un acte relativement coûteux, si l’on souhaite recouvrir un pan de mur entier sans aucune contrainte, en faisant appel à un professionnel.

Plusieurs sortes de murs végétaux :

  • par hydroponie : les végétaux sont arrosés par une solution nutritive. Loin d’être infaisable, cette technique nécessitera pas mal d’attention et un certain savoir-faire.
  • la culture avec substrat organique : réalisable par soi-même facilement. Possibilité d’acheter un support en kit à fixer soi même.
  • la débrouille : l’aspect esthétique de la structure est important, mais pas tant que les plantes choisies par la suite et la satisfaction d’avoir réalisé un exemplaire unique et personnel.

Un mur végétal d’extérieur ou d’intérieur, facile à construire :

Construire un support d’accueil pour vos végétaux : faites appel à votre créativité !

Il est néanmoins possible de se lancer avec des matériaux de récupération dans la construction d’un mur végétal d’intérieur ou d’extérieur. Moyennant une vision d’ensemble, une certaine organisation et réflexion quant au choix des matériaux utilisés…

A partir d’un morceau de grillage que vous récupérerez, ou une chute de grillage suite à la pose d’une cloture, vous pourrez construire aisément une structure solide et pratique à travailler. Ce modèle de structure se prêtera aussi bien à un usage extérieur qu’intérieur. Bien que pour l’arrosage, pas d’hydroponie ici, mais un arrosage naturel ou au jet. Pour l’intérieur, brumisateur ou décrochage des pièces constituant la structure pour un arrosage… ne défiant pas trop les lois de la gravité.

Il s’agit de confectionner, en coupant le grillage, un petit carré de 40×40 cm pour commencer. C’est d’un volume dont vous aurez besoin, donc, 40x40x10cm. Vous obtenez ainsi une sorte de boîte faite de grillage. Il est possible de la faire plus petite, ou plus grande, en fonction de vos envies…

Il s’agit ensuite de remplir de sphaigne votre support grillagé. La sphaigne est une matière organique originaire d’Amérique du Sud. Elle est tout à fait approprié pour servir de substrat à votre structure de mur végétal.

Sphaigne séchée. Naturellement acide, elle est quasiment imputrescible, aéré, frais, conservant l'eau ce qui permet de limiter considérablement les arrosages...

Pourquoi de la sphaigne ? Il s’agit d’une mousse provenant de zones marécageuses et possédant de remarquables propriétés : en plus d’une bonne isolation thermique, acoustique et phonique, la sphaigne procure une protection antibactérienne, évitant la pourriture grâce à un pH naturellement acide. Elle possède également une forte capacité d’absorption et de rétention d’eau, ce qui la désigne comme support parfait pour un mur végétal. L’entretien du mur sera réduit en utilisant ce matériaux : arrosages plus espacés, pas besoin d’apport d’engrais.

De plus, la sphaigne est organique et biodégradable. Pour la réutiliser, il suffit de la nettoyer puis de la laisser sécher, d’éliminer les parties mortes, puis de réutiliser la matière.

Une fois votre sphaigne en main, humidifiez la afin de la travailler plus facilement pour en remplir les carrés de grillage. Vous installez ainsi le tapis (vertical) qui accueillera les racines des végétaux composants de votre mur.

Vous pourrez disposer 7 ou 8 plantes dans votre carré de grillage. Humidifiez en les mottes pour retirer un maximum des racines que vous viendrez planter dans la sphaigne humide. Recouvrez les racines en tassant légèrement la mousse chilienne.

Vous pouvez multiplier les carrés de grillage, ou lui donner toute autre forme, se prêtant bien à un emboîtement.

Suite page 2 : dans quelle mesure un mur végétal peut-il remplir une fonction dépolluante efficace ?

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  1. vincent dit :

     Bonjour Arnaud, oui il s’agit d’une coquille. En gros, il s’agit de d’humidifier les mottes des plantes afin de libérer les racines de la terre avant de les insérer dans la sphaigne. Car c’est la sphaigne qui jouera le rôle de la terre par la suite, sur le mur végétal.
    Voilà pourquoi à priori, on ne rajoute pas de terre à la sphaigne. 
    Pour ce qui est de la mpousse comme substitut, je ne suis pas sur que les propriétées soient les mêmes… Notamment les propriétés physyques : la mousse des bois français sera certainement trop dense, il ne sera pas possible d’y planter des racines.

  2. Arnaud dit :

    Bonjour,
    Merci pour votre article très intéressant. J’aurais néanmoins quelques questions.
    Quand vous dites : "Humidifiez en les mottes pour retirer un maximum des racines que vous viendrez planter dans la sphaigne humide."
    Vous parlez de plantes les mottes sans racine ou de planter les racines ?
    De plus, peut on utiliser de la mousse ordinaire, que l’on trouve en forêt, ou faut t-il des espèces en particulier ?
    Rajoute t-on de la terre à la sphaigne ?
    Merci.

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