Locavore une semaine, un défi ? Part 4 : café, viande, lait...

Le 18/01/12 par Vincent.F

Depuis dimanche, j’essaie de ne consommer que des produits locaux et de saison, si possible cultivés ou produits de façon respectueuse de l’environnement et du consommateur.

Mis à part quelques aléas, tels que les courgettes en hiver, qui étaient locales mais bien dopées…, l’addiction au café, très difficile à compenser ici, dans le nord de la France, et la découverte de la Chicorée., je ne m’en sors pas trop mal. Au niveau des fruits et légumes, ayant un marché à deux pas de chez moi, trois fois par semaine, je peux m’organiser, et bénéficier d’une production locale assez riche, en tout cas en découverte et surement aussi en qualités nutritives… Les fruits et légumes de saison ne sont pas trop chers et sont très bons. Voir les paniers du marché dans les billets précédents.

Les difficultés principales : trouver tout ce que l’on souhaite au même endroit. Si les fruits et légumes se trouvent facilement au marché, acheter localement la viande, le café, le pain, le lait, le beurre, mais surtout : quelques épices, l’huile de cuisson ou le café… représentent un tout autre défi.

Pas de café local pour les braves…

Mercredi.

Je passe rapidement et dès le matin par l’épicerie bio du quartier voisin, Envies d’ici. Objectif : trouver du café le plus local possible, afin de reléguer l’ingestion de Chicorée à l’occasionnel… Le goût est vraiment très différent de celui du café, et ça ne me convient pas.

Je trouve un café torréfié dans le Nord, à Marchiennes, de marque Poitau, artisan torréfacteur depuis 1905. Evidemment le café n’est pas produit ici, mais une partie du processus de fabrication est pris en charge à moins de 150km.


Un café torréfié localement, au label Saveurs en'or


3,90€ pour 250g.

Pour les grignotages, j’opte pour les gaufres fourrées artisanales la Vergeoise, une fameuse spécialité du Nord, fabriquées à Erquinghem-Lys.


Les fameuses gaufres à la vergeoise



2,50€ pour 190g, soit 6 gaufres. Bien plus chères qu’un paquet de gateaux acheté dans une grande surface. Mais la composition est rassurante. Il n’y a pas de matières grasses végétales par exemple.

Je me renseigne pour le cas du lait. L’épicier m’indique qu’il travaille avec quelques fermes de la région sur du lait entier. Pas de demi-écrémé, et uniquement sur commande, à 1,90€ le litre. Difficile…

J’aperçois en rayon du sucre Beghin Say, une marque du coin également, tirant son sucre des betteraves, dont les cultures sont nombreuses dans la région. C’est le sucre que j’utilise en général. Sachant très bien que Beghin Say est un gros industriel, je me dis que le défi de manger local est souvent perturbé par un manque d’offres alternatives aux industries. Ou à l’identité même du produit : l’épicerie propose du poivre, du piment de Cayenne, et d’autres épices, simplement parce qu’elles sont conditionnées à proximité. Elles sont très chères aussi : la petite poivrière est à moitié remplie et coûte 2,10e…

Le beurre, lui, est proposé, au lait entier, produit en ferme de proximité, à 2,60e les 250g. Celui que j’achète en grande surface est conditionné à 20km, mais n’est peut être pas produit aussi près. J’appelle, Loyez Woessen, le distributeur, qui me livre une explication toute personnelle et professionnelle, mais néanmoins intéressante : le beurre que je consomme peut provenir de trois origines différentes : France, Irlande ou Hollande. Il est possible d’avoir une traçabilité exacte du produit en leur communicant le code barre et l’endroit où il a été acheté. Pourquoi ne pas utiliser du lait de vache française et même locale ? Mon interlocuteur me répond qu’il s’agit d’une exigence gustative, qu’un beurre français en hiver sera bien moins bon et aura tendance à rancir rapidement, alors qu’un beurre irlandais est bien jaune et à un goût prononcé, ce qui correspondrait plus aux attentes du consommateur français moyen.

Pour le pain, je décide de faire confiance à mon boulanger, qui fait un très bon pain artisanal. Il me dit utiliser une farine qui provient de Troyes, mais sa levure provient de Marcq (à 10km), et son sel, de Bretagne. Il a renoncé à travailler avec des meuniers locaux car il trouve que leur farine n’est pas idéale, ne correspond pas à ses critères de qualité. Il a toute ma confiance. Il m’apprend aussi que des industriels lui proposent des produits à ajouter dans ses préparations, pour par exemple, ne plus avoir de cloques sur les baguettes. Il refuse. Je lui en sais gré.

Prix d’une baguette : 0,90€

La suite page 2 : locavore trois jours, locavore quatre jours ?

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  1. Vincent.F dit :

     C’est vrai qu’il est difficile de respecter à 100% les termes du contrat locavore… Etre conscient et consciencieux par rapport à ce que l’on met dans son assiette représente une habitude à prendre, et comme je le disais, un minimum d’organisation, ou plutot, de réflexes à acquérir. Profiter du marché pour faire un plein hebdomadaire de fruits et légumes de saison, réduire la proportion de viande dans ses repas à 2 fois par semaine, permet de l’acheter locale et bio en compensant le prix  (bien plus élevé qu’en grande surface) par la qualité évidente du produit. Localiser ses points d’achats, discuter avec les commercants, s’informer simplement de ce que l’on achète et consomme… Quant à l’exception de Magellan… c’est la providence ! Et oui, c’est au moment de poivrer son premier plat local que l’on se pose la question de la place des épices, du café, du thé ou de chocolat, du riz, des pâtes, etc. dans ce type de régime. S’informer, savoir ce que l’on consomme, n’est pas compliqué. Tout est question de discipline, et celle ci n’est pas vraiment malsaine 😉 

  2. Palermo dit :

     Je suis bien d’accord, consommer 100% local relève d’un vrai défi (comme tu t’es fixé) plus qu’une réalité du monde actuel et des modes de consommation qu’on nous impose au final. Etre averti et savoir consommer des produits "exotiques" avec modération, c’est déjà bien. 
    Après le problème reste l’aspect financier, personnellement je ne suis pas regardant sur la bouffe (parce que j’ai d’autres postes de dépenses faibles par rapport à la moyenne, comme le téléphone, la voiture, les joujoux technologiques…), mais c’est loin d’être le cas de tous.
    Mais bon on entre dans un aure débat ^^

  3. Flo dit :

    Bravo pour le partage en tout cas. C’est vrai que j’essaye de prvilégier ce qui est proche aussi, mais avec moins de contraintes que toi 😉
    pourquoi tiens-tu à utiliser l’huile d’olive ? il y a moult huiles différentes, qui je suis sûre proviennent de moins loin : colza, tournesol, noix… Attention cependant, toutes ne sont pas utilisables pour la cuisson (l’huile de noix ne se cuit pas par exemple)
    on parle d’exeption de magellan pour les locavores qui utilises des épices, du café, chocolat et thé 🙂 c’est vrai que je ne pourrais pas me passer de ces ingrédients… mais est-ce si impactant que cela?
    le tout est de les consommer en conscience (je m’excuse peut-être comme je peux…), sans abuser, sans que cela remplace un produit local (je pense par exemple aux fruits exotiques systématiques alors qu’en france on produit beaucoup d’autres fruits) et surtout en privilégiant des filières respectueuses de l’homme et de l’environnement.
    ca fait un moment que je songe à écrire aussi un article sur mon blog pour expliquer mes choix de consommation. ca me donne envie de m’y mettre (mais attention je ne promet jamais rien 😉  )

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